Délégation d’étudiants et formateurs ESPE reçue à l’Esen le 4 février 14

Sur demande des étudiants de l’ESPE du Mans, une délégation d’étudiants et formateurs des ESPE du Mans, Poitiers, Boreaux a été reçue en audience le 4 février 2014 à l’ESEN (Poitiers) par

M. Jolion (DGESIP, comité de suivi de la formation ESPE) ;

M. Régnier (DGESIP, en charge des masters) ;

M. Louveaux (coordonnateur interministériel en charge du suivi de la formation des enseignants) ;

M. Panazol (directeur de l’ESEN)

Questions posées ; remarques ; demandes ; propositions

Réponses apportées

Crainte d’une détérioration de la formation liée aux difficultés budgétaires des universités :

  • baisse des volumes horaires de formation

  • gels de postes d’enseignants, d’enseignants-chercheurs, BIATSS (non remplacement de départ à la retraite : attesté à Nantes, à Bordeaux, etc.)

Il existait des moyens pour les IUFM qui restent pour les ESPE ; toutefois, il n’y aura plus de budget fléché par composante.

Les ESPE doivent faire remonter des budgets de projet qui seront examinés précisément par le Ministère (attention à ce que les départs à la retraite soient remplacés).

Les ESPE encadrent des Masters en alternance qui relativement à d’autres sont bien dotés (un peu moins bien seulement que les formations d’ingénieurs).

Diminution globale du volume de formation ; morcellement des enseignements.

Alors le terrain doit être pensé comme une formation et les fonctionnaires stagiaires non placés sur des remplacements.

Problème de parler d’alternance et de la formation quand les M2 FStagiaires sont en responsabilité : seuls devant une classe ; des tuteurs travaillent ailleurs pendant ce temps (on n’imagine mal des internes en médecine seuls dans cette situation)

Le stage est une formation.

Problème lié à la place du concours en M1 (mi-M1) :

  • peu de temps de préparation

  • multiplication des formations lors d’une année de préparation concours (prépa concours + initiation recherche + stage… et insuffisamment de modules d’enseignements qui ne seraient de toutes façons pas réalisables dans le temps imparti) rend impossible une bonne formation dans chacun de ces axes.

  • Absence de Licence d’enseignement qui permettrait de préparer le concours sur plusieurs années ; disparité des modules de pré-professionnalisation, non obligatoires.

  • Si maintien du concours en « fin » de M1, alors il faut repousser la mise en responsabilité (après le M2)

Cette question a fait l’objet de débats (des positions diverses), et cela a été tranché. L’objectif était de permettre aux étudiants de devenir fonctionnaires stagiaires à bac + 4 (et ne pas retarder leur financement).

Il faut faire évoluer les concours pour que leur préparation soit moins lourde 1/ ne porte pas seulement sur des connaissances ; 2/ mesure des compétences professionnelles en cours d’acquisition (le M2 laissera le temps à la réflexion).

Incitation à investir la pré-professionnalisation

Multiplication des objectifs de formation en M1 notamment entraîne un émiettement de la formation (temps important consacré aux disciplines d’option et des petits modules pour les autres) et une faible professionnalisation à la polyvalence des PE.

Stage et Suivi de stage :

  • inégal encadrement des étudiants sur le terrain de stage (parfois des PEMF, mais parfois des MAT, des directeurs d’école non formés et non déchargés pour mener à bien cette formation) ; des MAT parfois non prévenus de la venue de stagiaires dans leur classe.

=> demande d’une formation et d’une décharge pour les tuteurs (PE et PLC) ; d’une égalité de traitement des étudiants.

  • Manque de cadre national sur l’organisation des stages : parfois des stages massés, parfois filés en M1. Dans tous les cas, vue insuffisante du métier (progression sur l’année, différents cycles, etc.).

  • Diminution du suivi de stage dans les ESPE même ; analyse de la pratique remplacée par 6 visites dans certaines ESPE.

La formation des enseignants se fait à l’université et dans un cadre qui rend possible des équipes pluri-catégorielles : ce ne sont pas seulement les tuteurs de stage qui encadrent les stages.

L’ESEN organise 7 demi-journées de formation des directeurs d’ESPE dont l’un des thèmes est « l’alternance intégrative ». Il s’agit de travailler sur cette pédagogie de l’alternance et sur la professionnalisation.

Le saut entre les stages M1 et stage M2 en responsabilité est certain, mais la part du « professionnel » doit augmenter. C’est une avancée par rapport à la réforme précédente. En même temps, cela bouscule les habitudes de pensée : le métier d’enseignant s’apprend par la professionnalisation.

Assurance d’une évolution du concours pour une meilleure prise en compte du stage (revalorisation par les épreuves).

Les effectifs enseignants sont comprimés et il y a une hausse de la démographie scolaire, il faut y faire face avec les stagiaires.

Il y a un arrêté ministériel sur l’accompagnement de stage.

Manque de cadrage national sur la formation : des différences de maquettes conséquentes sur la formation des PE (la formation EPS va de 30 à 60h selon les ESPE ; il en va de même pour les maths et le français)

Pour permettre la réelle mise en place des équipes pluri-catégorielles et leur fonctionnement, il faut dédier des temps spécifiques à ces rencontres, concertations et mises en commun sur le temps de travail des formateurs.

Il faut permettre la concertation entre les différents intervenants de la formation, même au sein de l’université.

Problème lié à la non diffusion d’informations sur les épreuves des concours.

Problème du ½ temps en responsabilité pour les M2 fonctionnaires stagiaires l’an prochain. Demande d’un tiers temps en responsabilité seulement

Problème du manque de visibilité sur le devenir des étudiants après le M2

Le devenir des étudiants obtenant leur M1 mais pas leur concours. Le Ministère a pourtant formulé un cahier des charges clair : un entretien individuel avec chaque M1 non admis pour faire le point sur le « désir professionnel » et poursuite obligatoire en M2 (arrêt d’étude interdit) ; mais il y aura différents parcours de M2 et un parcours adapté doit être mis en place :

  • 1/ pour les fonctionnaires stagiaires qui auront obtenu le concours ;

  • 2/ pour ceux qui n’auront pas eu leur concours et qui souhaitent le repréparer tout en s’ouvrant à d’autres possibles professionnels : des stages de durée moins importante et pas forcément en classe ;

  • 3/ une réorientation (cf. Master PIF)

Problème de la surcharge probable des étudiants M1 non admis qui passeront en M2 en devant : re-préparer leur concours, faire des stages, travailler et obtenir leur M2 et qui seront souvent dans l’obligation de financer leurs études => moins de temps pour la préparation concours, alors qu’ils en auraient sans doute besoin puisqu’ils y ont échoué une première fois.

Rappel de la demande FSU de mettre en place des pré-recrutement.

Il s’agira de confirmer l’orientation professionnelle suivie lors des entretiens individuels.

Quelqu’un qui obtient son concours après 5 présentations, est quelqu’un qui n’a construit que des compétences à passer des concours et non celles d’un professionnel.

Pourquoi une telle urgence à la mise en place des ESPE ?

Choix politique d’arrêter le mécanisme antérieur de formation des enseignants.

La formation à l’issue du Master :

  • Regret de l’absence d’une expertise réelle de ce qui existait dans la formation antérieure : en l’occurrence, la formation des enseignants était intégrative : notamment prise en charge des enseignants stagiaires après leur M2 (PE) : 6 semaines de pratique accompagnée (avec des PEMF) + 6 semaines en IUFM. Le temps de décharge des PEMF a été réduit alors qu’il permettait une véritable tutelle

  • Crainte que les M2 contractuels cette année ne deviennent fonctionnaires stagiaires à temps plein l’an prochain

Ce qui a fait ses preuves sera maintenu : la formation des titulaires 1ère, 2e, 3e année… sera prise en compte dans les Académies.

Il n’y a pas eu de décision des ministres pour l’instant sur ce point. A priori, ils ne seront pas à temps plein.

Manque de cadrage national sur la formation déjà évoqué, en revanche cadrage fort sur les structures et instances des ESPE ; au détriment de la représentation des personnels : CE, COSP.

Mise en place locale insuffisamment démocratique.

La mise en place de la réforme ne peut se faire sans la concertation et l’adhésion des formateurs et des étudiants.

Le COSP doit considérer l’ensemble des missions de l’ESPE et pas seulement de la formation. De plus, ½ des membres désignés par CE ; ils peuvent être formateurs à l’ESPE (rien dans la loi ne l’interdit).

Les membres sont élus.

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