FORMATION DES ENSEIGNANTS, ESPE : UN BILAN DETAILLE ET DES MESURES D’URGENCE S’IMPOSENT

Le 6 octobre dernier, le SNESUP a été reçu par Jean-Michel Jolion, conseiller Formations du supérieur et Orientation au MENESR, pour aborder un certain nombre de questions sur la formation des enseignants et les ESPE.
Cette longue audience (2 h 30) a permis de faire remonter les informations de terrain et le vécu des personnels, étudiants et stagiaires dans les ESPE et de formuler les revendications à court et moyen termes du SNESUP-FSU.

Cinq grands chapitres ont été abordés :
– continuité de la formation
– qualité de la formation
– continuité territoriale
– collégialité dans les instances
– personnels des ESPE
Sur tous ces points le SNESUP-FSU a souligné qu’il y a de sérieux problèmes de transmission de l’information aux personnels et étudiants des ESPE. Le filtre des rectorats, présidences d’université et directions d’ESPE, engendre en effet beaucoup de retard, de perturbations et d’erreurs d’interprétation. Ainsi, malgré les courriers du ministère, certains acteurs de la Formation des Enseignants au niveau local continuent à oublier que les fonctionnaires stagiaires ne sont pas “à mi-temps et payés plein temps”, mais en formation en alternance !

Globalement, le ministère se dit en accord avec nombre de nos constats (échec du dispositif emplois d’avenir professeur (EAP), mise en place chaotique des parcours adaptés…). Il réaffirme que priorité doit être donnée à la formation et que les centres départementaux des ESPE (à une ou deux exceptions près) doivent être maintenus. Le ministère précise aussi que la rencontre avec les recteurs mardi 7 octobre sera l’occasion de rappels et de clarifications et que le corps des IGAENR a été missionné sur un certain nombre de points, notamment les EAP. Cependant, s’il reconnaît un grand nombre de « bugs », le ministère refuse toutefois la responsabilité de ces erreurs (par exemple, l’affectation des stagiaires hors de leur académie de formation est principalement attribuée à des erreurs de constitution de dossier par les intéressés !).

Sur de nombreux points, le MENESR renvoie à l’autonomie des universités (équipes pédagogiques écartées des décisions et des commissions académiques, confusion sur les modalités d’inscription de certains étudiants, grande disparité des contenus de formation…) et , face à des difficultés avérées (place du concours en milieu de master, composition des instances des ESPE…), répond qu’il n’est pas question de changer les textes.

Concernant les moyens attribués aux ESPE et aux masters MEEF, le ministère précise que dans le logiciel de répartition SYMPA, les masters MEEF seront comptabilisés dans une catégorie spécifique (même s’il n’est pas question d’un quelconque fléchage au sein des budgets globaux des établissements). Selon le ministère, le passage des IUFM (juillet 2013) aux ESPE (juillet 2014) s’est accompagné d’une augmentation du nombre d’emplois temps plein (ETP) mais aucune comparaison avec la situation précédant l’intégration des IUFM dans les universités en 2008 n’est donnée !

En conclusion de cette rencontre, le SNESUP-FSU a récapitulé ses revendications :
* des actions urgentes :
– bilan détaillé de la première année de mise en place de la réforme Peillon de la FDE présenté au CNESER, avec audition du Comité de Suivi de D. Filâtre ;
– aménagement de la situation des EAP ; en particulier, dispense de présence en établissement pour les M1;
– clarification des attendus pour les FS dispensés de master : mémoire, écrit réflexif, assiduité… ;
– moyens pour les équipes plurielles : intégration des heures de suivi dans les services, modalités et temps de travail, formation continue effective (ne se limitant pas au dispositif M@gistère !)

* des évolutions à moyen et long termes :
– une réduction du temps de stage à un tiers temps de classe ;
– une réflexion concertée sur la place du concours, en lien avec le prérecrutement ;
– une modification des textes sur les instances et gouvernance ESPE (suppression de la parité par collège, rééquilibrage de la composition des CE en faveur des membres élus).

Paris, le 8 octobre 2014

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